Arnaud SUSPÈNE, Les effigies monétaires romaines et l’apparition du portrait de César : problèmes légaux et politiques

Résumé. – Cet article étudie les précédents romains et étrangers qui ont permis l’apparition du portrait monétaire de César en 44 avant notre ère sur décision du Sénat. Ce portrait doit être compris comme une marque d’honneur proportionnée à la nouvelle position de César et non comme un attribut royal ou sacralisant. Mais il procède aussi d’une tentative commune du Sénat et du dictateur pour définir les prérogatives sénatoriales en matière monétaire et poser les bases d’une collaboration générale. La décision des Sénateurs en faveur de César, dont il est montré qu’il s’agit d’une mesure normative d’un genre nouveau, n’est donc pas un trait d’adulatio mais un aspect particulier d’une réorganisation politique et institutionnelle qui fut interrompue par la mort de César.

Abstract. – The present article is concerned with both Roman and foreign precedents which enabled the implementation of Caesar’s monetary portrait in 44 BC following Senate ruling. This portrait must be understood as a mark of honour proportional to Caesar’s new status and not as a royal or as a sacralising attribute. The Senators’ decision in favour of Caesar – and it has been demonstrated that this was a normative measure of a new type – was therefore not an adulatio trait but a specific aspect of a political and institutional reorganisation which was interrupted by Caesar’s untimely death.

 Université d’Orléans – CNRS (IRAMAT – Centre Ernest Babelon).