Fratantuono (L.), A Commentary on Virgil. « Aeneid XI ». – Bruxelles : Latomus, 2009. – 340 p. : bibliogr., index. – (Latomus ; 320). – ISBN : 2.87031.2612.

Dans sa préface, l’auteur tient à raconter l’origine de cette étude. Ce commentaire au livre XI de l’Énéide de Virgile est une thèse de doctorat, commencée au printemps 2001 et soutenue au printemps suivant à l’université Fordham de New York. Lee Fratantuono a par la suite exposé ses idées sur l’épopée virgilienne dans Madness unchained : A Reading of Virgil’s Aeneid (Lanham, Maryland, 2007). L’universitaire a voulu cependant que ne soit pas perdu le commentaire qui formait sa dissertation — ce qui, en effet, eût été dommage ; c’est la raison pour laquelle il est publié aujourd’hui. Mais, de ce fait, le présent ouvrage ne comporte ni introduction ni conclusion. Le lecteur est prévenu (p. 6) : « For introductory remarks on Book XI, then, I refer the interested reader to the relevant chapter of that previous work, which was, of course, partly derived from my thesis ». Le travail, qui débute donc in medias res, se présente comme un commentaire juxtalinéaire. En fait, ce qui constitue chaque rubrique n’est pas un vers ou une phrase complète, mais la plupart du temps un seul mot ou une expression ; une grande partie du poème n’est par conséquent pas citée. L’ouvrage est divisé en trois chapitres (sans que les raisons de cette division soient explicitement données, mais elles sont évidentes), eux aussi sans introduction ni conclusion : « Part One, lines 1-224, Requiem ; Part Two, lines 225-497, Debate ; Part Three, lines 497-915, Camilla ». Ne sont fournis ni le texte latin du chant XI ni sa traduction. L.F. prévient dans sa préface : « The lemmata of the commentary are taken from R.A.B. Mynors’ Oxford text (1969 ; corrected edition 1972), with disagreements noted as necessary ». Les remarques, solidement appuyées sur leurs sources, le plus souvent présentées dans un style de note et non entièrement rédigées, abordent de nombreux domaines : la psychologie (beaucoup), la civilisation, la littérature, la grammaire, le vocabulaire, la métrique, la place des mots, les loci similes, les modèles, l’influence, etc. Elles sont toujours dignes d’intérêt. L’esprit d’analyse l’emporte sur l’esprit de synthèse. La bibliographie de 337 titres contient les travaux « classiques », ce qui est un mérite car il n’est pas facile de se frayer un chemin au milieu de tout ce qui est écrit sur Virgile. L’étude se clôt par un index locorum et un index rerum nominumque. L.F. considère le livre XI comme le plus important de Virgile ; c’est un livre dans lequel le poète présente, en microcosme, le plus intégralement et le plus dramatiquement les thèmes majeurs de son oeuvre ; et pour expliquer ces thèmes la guerrière Camille est d’une importance capitale. C’est pourquoi notre collègue proclame ce qui a été son ambition : « This commentary attemps to provide the most detailed study yet offered of Virgil’s most enigmatic character ». Ne fût‑ce que pour cette raison, cela vaut la peine de
lire ces pages.

Lucienne Deschamps