Gregory BONNIN, Mélos face à l’appétit athénien (426-416 a.C.) : à propos de la « faim mélienne » d’Aristophane

Grégory BONNIN[*]

Résumé. – Dans les Oiseaux, joués en 414, Aristophane fait allusion à une certaine « faim mélienne » qui apparaît de valeur proverbiale, deux ans seulement après le siège athénien qui a vu la chute de la cité insulaire. Le rapprochement chronologique incite à l’association directe avec le siège et avec une famine qui aurait touché alors les Méliens assiégés. Pourtant l’analyse du récit de Thucydide permet de montrer que Mélos tombe, avant tout, suite à une trahison interne et que la faim qui aurait tiraillé les Méliens ne fut en rien exceptionnelle. Le présent article s’attache alors à comprendre la situation à laquelle Aristophane fait allusion avec la faim qu’il qualifie de « mélienne ».

Abstract. – In Birds performed in 414 BCE, Aristophanes alludes to what he calls « Melian hunger » which would appear proverbial just two years after the siege of Athens and the fall of the insular city. This chronological connection leads to direct association with the siege and the besieged Melians suffering from famine. However, the analysis of Thucydides’ account shows that the fall of Melos was due, above anything, to treason within and that the famine the Melians were subjected to was in no way exceptional. This article deals with understanding the situation which Aristophanes mentions and the famine which he describes as « Melian ».

Notes
  1.  Institut Ausonius, Université de Bordeaux 3.