Hemelrijk (J. M.), More about Caeretan Hydriae. Addenda et Clarificanda. – Amsterdam : Allard Pierson Series, 2009. – XII+243 p. : index, ill., 48 pl. h. t. – (Allard Pierson Series ; 17). – ISBN : 978.90.71211.44.7.

Cet ouvrage de 99 pages et 48 planches est un addenda à une monographie sur les hydries de Caere publiée en 1984 par le même auteur. Il revient, d’ailleurs, en préface sur la façon dont il faut lire cet exemplaire et reprécise les familles dans lesquelles sont classés les différents fragments des hydries qui ont été étudiées. Deux grands groupes se distinguent le A qui regroupe des tessons dont le col est décoré principalement de swatiskas et de spirales. Celui-ci est divisé en deux séries (tongue et belly-ivy series). Quant au groupe B, il se définit par une ornementation de feuilles de palmettes et de lotus, divisé en un sous-groupe (lotus-ivy series).
Dans son introduction, J.M. Hemelrijk revient sur les spécificités des hydries de Caere. Ce sont des vases purement grecs, probablement ioniens. Un seul atelier aurait, semble-t‑il, produit ces hydries qui remplaçaient très certainement des récipients originellement en bronze, utilisés lors de différents rituels. Les éléments qui composent ces céramiques sont tournés séparément. Ils étaient ensuite peints, d’abord les frises, puis les scènes figurées. Seulement deux artistes ont réalisé ces vases, nommés Busiris et Eagle painter. Le style ornemental de ces vases est caractéristique, en particulier les « langues » qui décorent le plus souvent le col, ainsi que leur polychromie (rouge, noir et blanc).
Dans les chapitres 2 et 3, l’auteur traite de fragments qui soit n’ont jamais été publiés, soit pas suffisamment. Quant au chapitre 4, il est consacré à quatre fragments qui ont permis de mieux connaître le schéma décoratif et la forme de ces hydries.
Dans le chapitre 5, J.M. Hemelrijk présente trois amphores, une statuette en terre cuite du Musée national d’Athènes et deux vases ioniens qui auraient pu être influencés par les hydries de Caere.
Enfin, le chapitre 6 est une synthèse sur ces récipients. Les contextes de découverte des différentes hydries, souvent dans des tombes, sont traités succinctement. Leur datation est basée sur leur ornementation et en particulier le rendu des détails des corps (530/25 a.C.‑500 a.C.). L’auteur indique que le peintre de Busiris est plus avancé dans son art pictural et sa connaissance anatomique que son collègue. Dans un développement pas toujours clair, J.M. Hemelrijk montre que l’atelier ne devait produire que ces hydries richement décorées. En ce qui concerne leur fonction, elle est fondée sur leur décoration et servait vraisemblablement à stocker l’eau pour des cérémonies et rituels, dans des bâtiments privés et publics. Cette eau lustrale devait être conservée à part des énormes quantités d’eau pour l’usage du foyer.
L’origine de ces hydries est discutée dans une troisième  sous-partie. L’auteur pense que les deux peintres seraient originaires d’Asie Mineure, probablement de Phocée et qu’ils auraient fui leur patrie au moment de la conquête des Perses. Ceci expliquerait leur grande connaissance des différents mythes grecs dépeints sur les vases. Selon lui, le style des hydries de Caere est proche des sculptures de Grèce orientale et des décorations architecturales. Enfin dans une dernière sous‑partie, J. M. Hemelrijk tente d’estimer le temps requis pour fabriquer une hydrie aussi richement décorée que celle de Caere et d’en déduire ainsi le rendement de l’atelier.
L’ouvrage se conclut par une bibliographie assez courte et des planches de photographies de bonne qualité, notamment pour celles en couleur.
Le sujet traité ici est extrêmement spécialisé d’où, entre autres, la bibliographie succincte. En effet, les hydries de Caere sont relativement rares et elles ont été largement discutées dans un ouvrage du même auteur en 1984, portant exclusivement sur ce matériel. Il s’agit donc là d’un addenda et d’un clarificanda qui entend apporter plus de précisions grâce à la publication de nouveaux fragments. Malheureusement, ceci ne rend pas toujours la lecture aisée, l’auteur demandant souvent de se reporter à la monographie de 1984, ce qui empêche à certains moments une bonne compréhension du sujet. C’est essentiellement l’ornementation qui est décrite et analysée, en particulier les scènes figurées, bien que l’auteur tente, toutefois, de comprendre le fonctionnement de l’atelier produisant ces hydries dans une démonstration parfois assez hasardeuse.

Cécile Rocheron