Humm (M.), La République romaine et son empire. – Paris : Armand Colin, 2018. – 320 p. : bibliogr., index, ill. – (Collection U : Histoire, ISSN : 1147.3878). – ISBN : 978.2.200.62205.3.

Qui mieux que le spécialiste d’Appius Claudius Caecus pour traiter des rapports entre la République romaine et son empire ? Le livre s’ouvre d’ailleurs sur une citation de Lycophron, Alexandra, 1226-1230, qui exprime comme une évidence la « royauté » qu’est appelée à exercer Rome sur le monde. À l’éternelle question posée par Polybe sur les raisons et les moyens de cette suprématie romaine, l’auteur (MH) apporte, après d’autres, des éléments de réponse : quel lien fondamental unit la République romaine, dès sa naissance, et la constitution de cet empire, déjà pour l’essentiel constitué lorsqu’elle meurt dans les eaux d’Actium ? Tout au long de quinze chapitres, MH va donc suivre pas à pas l’évolution parallèle de la République et de son empire, la première donnant naissance au second, jusqu’à ce que le second, par son expansion, la fasse périr.

En quelques pages d’introduction, MH revient, entre autres, sur les circonstances de la chute de la royauté à Rome. Suivant la doxa actuelle, il y voit la conséquence d’une défaite de Tarquin face au condottiere Porsenna – ce que nous ne pensons pas. On a les indices, en effet, de « révolutions » semblables, à la même époque, dans différentes cités d’Étrurie et d’Italie centrale ; or le roi de Chiusi n’a évidemment pas pris ces cités. Nous pensons, quant à nous, que la prise de Rome par Porsenna a été la conséquence, et non la cause, de la chute des Tarquins, qu’il a profité de l’affaiblissement de Rome dû à ce changement de régime pour s’en emparer brièvement ; bref, nous faisons confiance sur ce point à la séquence chronologique traditionnelle.

Les cinq premiers chapitres qui constituent la Première Partie rappellent les « fondements politiques, institutionnels et idéologiques » de la République romaine. Certes, il y avait un lien fondamental à Rome entre religion et politique, mais MH insiste à juste titre sur le respect de la liberté fondamentale du citoyen dans sa relation avec le divin ; peut-être eût-il été opportun ici de dire en quoi et combien, de ce point de vue, la religion romaine différait de la grecque et de l’étrusque. MH mesure ensuite le poids de l’héritage institutionnel de la « royauté ». Selon lui, les guillemets s’imposent, car Servius Tullius et les Tarquins semblent avoir été plutôt des « tyrans » que des rois – ce qui est vrai de Servius, mais non des Tarquins (sauf sans doute du dernier), qui ont constitué une dynastie de « vrais rois », avec leurs attributs – laquelle a probablement, selon nous, compté plus de deux membres. Cela dit, nous nous accordons avec MH pour estimer que la royauté romaine, au moins à l’époque étrusque, et peut-être avant, contenait en germe, dans son exercice, les notions fondamentales de magistrature et d’imperium, lié aux auspices. À la chute de la royauté, les patriciens monopolisèrent ces pouvoirs religieux, jusqu’à ce que la loi curiate, au IVè siècle, mît fin à ce privilège héréditaire à prétention politique. Nous partageons donc le point de vue de MH sur la question, mais sans celer que l’existence, qu’il faut bien admettre, de gentes plébéiennes cadre mal avec cette analyse, sauf à admettre, comme on le fait communément, qu’elles furent exclues des cercles du pouvoir républicain naissant très tôt, dès la chute de la royauté, pour des raisons qui nous demeurent inconnues  : étaient-elles liées de trop près à la monarchie déchue ? appartenaient-elles aux patres minorum gentium ? Quant à l’origine de la plèbe – autre crux de la recherche – l’idée qu’elle serait formée primitivement de la clientèle du roi devenue orpheline à la chute de la monarchie me paraît en effet mal cadrer avec le sens du mot plebs, qui désigne la multitude. Pour notre part, nous serions plutôt acquis à l’idée, défendue dès longtemps par J.C. Richard, que, déjà à l’époque royale, une masse importante d’individus échappait au cadre rigide de la structure gentilice et de sa clientèle, et que cette masse fut grossie, à la chute des rois, par tous ceux qui, de près ou de loin, avaient un lien avec le régime déchu, à commencer – dit justement MH – par les paysans libres de la classis, qui tenaient à garder leur propriété foncière hors des appétits patriciens. C’est cette masse organisée qui réussit à imposer au patriciat ses magistrats de la plèbe. Nous suivons absolument les conclusions de MH, à une nuance près  : l’invention de la collégialité des magistrats. En effet, la présence de deux noms dans les Fastes dits consulaires, en regard de la probable pluralité de praetores, demeure pour nous un mystère, et l’explication par le tirage au sort de deux éponymes parmi ces préteurs nous paraît plus ingénieuse que vraisemblable. Il est plus plausible d’admettre que les « inventeurs » de cette liste « consulaire » n’ont retenu, selon des critères qui nous échappent (célébrité de telle gens notamment ?) que deux noms dans la liste des préteurs annuels. Au demeurant, nous pensons, contrairement à MH, que l’apparition de la magistrature consulaire est antérieure à la création des tribuni militum consulari potestate, qui l’ont un moment interrompue pour des raisons militaires que MH explique fort bien infra. Il est en effet philologiquement impossible que l’adjectif consularis ait précédé le mot consul, dont il dérive. En fait, la date de l’apparition de la magistrature consulaire demeure, dans l’état actuel de la recherche, inconnue. En tout cas, contrairement à ce que pense MH (et d’autres), elle est très certainement antérieure aux « lois » liciniennes-sextiennes et elle n’en dérive pas, ne serait-ce que parce qu’on trouve encore après 367 des couples de consuls patriciens.

Le chap. 3 déroule la liste des magistratures républicaines, avec leur apparition successive. Nous ne ferons qu’une remarque, à propos de l’apparition de la dictature. Si cette magistrature exceptionnelle remonte bien au tout début de l’ère républicaine, on ne saurait dire qu’elle est « en rupture avec le principe de collégialité », puisque ce principe, selon nous, n’existait pas encore ou en tout cas était embryonnaire. En revanche, l’analyse de l’importance prise peu à peu par la censure, jusqu’à son plein épanouissement sous et grâce à Ap. Claudius Caecus est impeccable, comme on pouvait s’y attendre de la part de MH.

Le chap. 4 pose la passionnante et toujours débattue question de la « République sans démocratie ». Comme le dit justement MH, les thèses de F. Millar, pour provocatrices qu’elles étaient, ont eu le mérite de nous sortir du ronron mommsénien, pour faire émerger la notion de « culture politique ». On retiendra ici évidemment les excellentes pages consacrées à la lex Ovinia, véritable acte de naissance de l’ordre sénatorial républicain.

Le chap. 5 développe l’espace et le temps civiques : situation géographique, rapports entre ciuitas, urbs et ager, entre populus, curies et quirites. Notre seule réserve portera sur l’explication de proletarius par la métathèse consonantique protelarius (= migrant)  : philologiquement, le mot s’explique très simplement par une dérivation de proles avec un suffixe final commençant par un t, comme diu – diuturnus ; nous nous en tenons donc à l’étymologie traditionnelle (celui qui n’est riche que de ses enfants). Cette réserve faite, MH semble d’accord – et nous aussi – avec J. Martinez Pinna pour considérer que c’est le premier roi de la dynastie des Tarquins qui a posé les bases durables des institutions romaines, à commencer par les tribus – mot dont MH rappelle l’origine latine, mais non l’origine étrusque du mot populus (poplu). Il suit ensuite l’évolution de ces institutions, jusqu’à la réforme fondamentale d’Ap. Claudius Caecus, liée à l’évolution militaire de la classis hoplitique à la légion manipulaire  : la citoyenneté romaine comme réalité juridique, qui a permis l’intégration successive des populations conquises. Il est opportun ici de rappeler les paroles de Cl. Nicolet  : « Rome a été une machine à conquérir parce qu’elle était une machine à fabriquer du citoyen. » MH montre très bien comment Forum, Curie, Comitium et Champ de Mars sont le reflet au sol des institutions. Il aurait pu ajouter qu’on comprend mieux, du coup, pourquoi les Romains n’ont jamais dérogé à la règle, qui n’est pas seulement religieuse, de l’obligation de voter à Rome, et à Rome seule, alors que, techniquement, ils auraient pu se doter de systèmes de vote à distance. MH souligne enfin l’influence, justement reconnue aujourd’hui, de la pensée et des institutions grecques dans la « laïcisation » de la loi, notamment par Cn. Flavius. À l’instigation d’Ap. Claudius Caecus ? MH le pense, mais il est vrai qu’on ne prête qu’aux riches…

La conclusion de cette Première Partie met en évidence la culture politique qui se dégage de ce consensus, autour de valeurs communes, en faveur d’une inégalité de fait (mais d’une égalité « géométrique ») et d’une vocation de l’aristocratie à gouverner, dès lors que cette aristocratie n’était pas fermée. On reconnaît là l’influence de travaux récents, notamment de K.J. Hölkeskamp et de F. Hurlet, et c’est une très bonne chose.

Les choses sont désormais en place pour la « République impériale » – titre de la Deuxième Partie. MH commence (chap. 6) par définir la guerre comme institution sociale à Rome, dans ses aspects religieux et juridiques, avant de rappeler l’évolution de l’armée, « outil de conquête », de l’hoplite au légionnaire, sa structure censitaire, et la cérémonie du triomphe. Puis il évoque (chap. 7) les étapes de la conquête de l’Italie, jusqu’à la « doctrine de Monroe » définie par le discours de Claudius Caecus contre la paix avec Pyrrhus. Cette conquête, il a fallu l’organiser  : le chap. 8 montre très clairement le caractère à la fois improvisé et ingénieux, au coup par coup, des solutions variées trouvées par la République pour contenir, encadrer, puis assimiler et enfin intégrer les populations italiennes vaincues.

Ce processus n’était pas encore arrivé à son terme quand éclatèrent les guerres puniques (chap. 9), qui firent entrer Rome dans l’espace méditerranéen, avant que cet espace ne définisse les limites de son empire (chap. 10) et n’oblige Rome, de nouveau, à inventer un système de contrôle de ces lointains territoires : le gouvernement provincial. Nourrie des recherches les plus récentes sur ces questions, toute cette Deuxième Partie se lit avec aisance et ne nourrit aucune réticence de notre part. Tout juste serions-nous tenté de taxer d’optimisme la description (p. 186 sq.) des « limites apportées aux abus de l’exploitation des provinces » : la réflexion cicéronienne, pour neuve et intéressante qu’elle ait été, n’eut – il faut bien le dire – guère d’écho dans la pratique. Il faudra attendre l’Empire pour que le soleil de la romanité chauffe le dos des provinciaux, au lieu de la brûlure du fouet. Comme attendu, la conclusion pose la question de savoir si l’impérialisme romain fut ou non un « produit de la République », voire s’il y a eu un impérialisme romain. La réponse de MH est nuancée, qui distingue non seulement dans le temps, mais aussi dans l’espace, selon que les Romains avaient affaire à des populations grecques (ou hellénisées) ou à des barbares. À la suite de P. Veyne, il tend à considérer l’impérialisme romain comme « une forme archaïque d’isolationnisme », ce qui tendrait au demeurant à en faire « une forme suprême d’impérialisme ». Pour notre part, nous serions plus proche de la position de J.M. David, en voyant dans la conquête romaine républicaine, la plupart du temps, la manifestation craintive d’un « impérialisme assiégé ».

La Troisième Partie traite du « choc en retour » de cette expansion  : la « crise » de la République. Le chap. 11 tord le cou à l’idée, commune depuis Horace, du vainqueur romain conquis par la culture du vaincu grec, en rappelant qu’il y avait, bien avant la conquête de l’Orient hellénistique, un hellénisme romain « organique », que Rome a vécu depuis toujours en symbiose avec un hellénisme qui baignait tous les rivages méditerranéens – ce que F. Dupont appelle « l’altérité incluse ». Cet hellénisme, dont MH rappelle tous les témoignages aux IVè‑IIIè siècles, fut contesté à partir de la IIè guerre punique, du fait de l’engagement pro-punique des cités de Grande Grèce et des royaumes hellénistiques. Menée par Caton, la méfiance vis-à-vis de l’hellénisme provenait en outre d’un sentiment d’altérité menaçant le modèle civique traditionnel de Rome. En même temps, une partie de l’aristocratie romaine s’épanouissait dans un philhellénisme sincère, sans contradiction avec la volonté d’expansion en direction du monde grec. Au contraire, puisque, comme l’a bien vu J.-L. Ferrary, il permettait de rendre aux Grecs plus acceptable la domination romaine. Notons que l’aboutissement de cette tendance sera, sous Auguste, l’affirmation, par Denys d’Halicarnasse, que la domination romaine doit être acceptée, puisqu’elle est la domination d’une cité authentiquement grecque !

Le chap. 12 examine les conséquences de la conquête dans les domaines économique, social et politique, d’une manière claire et convaincante. MH montre comment ces bouleversements aboutirent à la tentative des Gracques  : réforme ou révolution ? demande‑t‑il, après d’autres. Sa réponse, nuancée, emporte l’adhésion. Nous ajouterions simplement que la tentative des Gracques était « réactionnaire » dans ses intentions (redonner à Rome la force de sa classe de petits-moyens propriétaires terriens) et « révolutionnaire » dans ses méthodes (l’idée du peuple souverain, au nom de laquelle on s’affranchit du mos maiorum).

Le chap. 13 traite de « la montée en puissance des imperatores (121-63 av. J.-C.) » et le chap. 14 de « Rome et l’Italie  : du conflit à l’intégration ». Chronologiquement, il est sûr que l’ère des imperatores s’ouvre avant la guerre sociale, mais l’économie générale du livre fait que, selon nous, il aurait fallu inverser les deux chapitres. On voit en effet que la nocivité des ambitions personnelles commence certes avant la guerre sociale, mais, comme le dit MH lui‑même, c’est la guerre sociale qui « renforça considérablement le pouvoir et l’influence politique des chefs de l’armée » (p. 240).

Cela dit, on saura gré à MH d’avoir résisté aux sirènes contemporaines négationnistes qui tendent à faire de l’opposition optimates-populares un mythe historique moderne, sous prétexte que les populares ne se désignent jamais ainsi eux-mêmes. Et pour cause ! Le mot, rappelle justement MH, est péjoratif. Verrait-on aujourd’hui un parti se qualifier lui-même de « populiste » ? Pour le reste, c’est l’impuissance militaire de la noblesse qui fit le lit des premiers imperatores, Marius et Sylla. On appréciera la manière nuancée dont, après F. Hinard, MH apprécie l’action politique de Sylla, caricaturée dès l’Antiquité.

Après avoir suivi rapidement les parcours de Pompée et de César, MH revient donc en arrière pour traiter de la guerre sociale et de ses conséquences pour l’Italie. L’analyse des griefs des Italiens contre Rome ne souffre aucune réserve, comme celle de la guerre elle-même. La conséquence, on le sait, fut l’intégration de toute l’Italie dans la ciuitas. De nouveau, la République sut improviser un mode nouveau d’intégration  : la généralisation du système des municipes, qui aboutit à une redéfinition de la citoyenneté romaine comme « statut juridique non lié au sol ni au sang ». Nous ferons remarquer que c’est l’aboutissement ultime d’une impulsion donnée jadis par Ap. Claudius Caecus. Mais, ajouterons-nous encore, à son tour, cette conception de la citoyenneté, de plus en plus détachée de l’exercice de l’activité politique au profit de la protection résultant des droits civiques, est déjà, pour l’essentiel, celle qui prévaudra sous l’Empire.

Le dernier chap. (15) fait revivre l’agonie de la République, de la conjuration de Catilina à Actium. De ces pages, nous retiendrons seulement la vieille interrogation : César voulait‑il être roi ? La position de MH, proche de celle de J.M. David, est que César était condamné, par une fuite en avant, à créer pour soi « une figure de roi, de héros et de demi-dieu ». Notre opinion est sensiblement la même  : faisant flèche de tout « bois monarchique » (ancienne royauté latino-sabine et étrusque, modèle alexandrin et hellénistique, divinisation…), César, pressé par le temps… et par l’âge, brûlait les étapes qui devaient le conduire à la royauté, quand le poignard de Brutus a tranché net cette trajectoire attendue. Cependant, il avait posé les bases d’un pouvoir monarchique, dont saura, avec une prudente ambiguïté, profiter Auguste. Mais nous sommes là « hors sujet ». Contentons-nous de trouver juste la conclusion à laquelle aboutit MH, après d’autres  : la crise de la République fut certainement avant tout une crise de son aristocratie, et celle-ci, à son tour, résulte de l’expansion de la conquête, qui rendait inopérantes les structures institutionnelles. Nous ajouterons seulement que César fut sans doute le premier à avoir eu pleinement conscience que la seule forme moderne d’État apte à gérer un ensemble si vaste et si hétérogène était la monarchie.

La bibliographie, d’une quinzaine de pages, est ventilée par chapitres. La consultation en est facilitée… sauf que plusieurs titres recoupent plusieurs chapitres et qu’on perd du temps à les retrouver. La bibliographie est généralement bien à jour. On relève cependant quelques manques, dont certains sont explicables par le fait que ce sont des titres tout récents : ainsi du Oxford Handbook of Roman Law and Society[1], dont la IIIe Partie intéresse directement l’époque républicaine. Dans la rubrique « Sources, littérature et historiographie antiques », on s’attendrait à lire les noms de M. Ledentu et de St. Ratti. Au chap. 1, on peut ajouter Y. Berthelet[2]. Au chap. 2 manque l’excellente étude de E. Montanari[3]. La bibliographie du chap. 6 peut être complétée avec le tout récent livre de M. Engerbeaud[4]. Au chap. 12, on ajoutera C. Rosillo López[5] ; E. Zanda[6],  ; et M. Balbo[7]. Au chap. 13, A. Allely[8] ; V. Giuffre[9] ; F.J. Vervaet[10] ; Y. Le Bohec[11] ; et S. Marastoni[12]. Le chap. 15 mériterait d’être étoffé avec M.C. Ferries[13] et J. Osgood[14]. Il est d’autre part silencieux, dans sa bibliographie, sur la conjuration de Catilina, où on s’attendrait à trouver le nom de L. Bessone, ainsi que sur les Ides de mars et ses conséquences, où seul R. Étienne apparaît, alors que de nombreux travaux (de P. Grattarola, U. Gotter, R. Cristofoli, sans parler de votre serviteur) ont renouvelé la question. De même, deux titres (de P. Grimal et de E. Narducci) sont impuissants à rendre la richesse de la bibliographie cicéronienne, surtout de langue anglaise : citons, en vrac, les noms de Y. Baraz, J. Dugan, M. Fox, I. Gildenhard, A. Lintott, C. Steel, H. van der Blom. Reconnaissons cependant que l’absence de ces titres, généralement, ne nuit pas à la qualité des analyses de MH.

Trois coquilles seulement ont été repérées (p. 71, 162 et 270). C’est dire la qualité formelle, en plus, de l’ouvrage. Un index des noms de personnes et 43 figures empruntées à différents ouvrages, viennent à l’appui du texte ; on peut seulement regretter que les exigences éditoriales aient condamné ces figures à être si petites que la plupart ne sont lisibles qu’à la loupe.

In fine, nous poserons la question suivante : à qui s’adresse ce livre ? Certes, c’est un manuel, excellent, et, à ce titre, il vise un public estudiantin. Mais sa hauteur de vue, malgré la parfaite clarté pédagogique dont fait preuve l’auteur, le situe, à notre avis, au‑dessus du niveau de la plupart des étudiants d’histoire. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous lui avons consacré un compte rendu si fouillé. Les étudiants devront seulement prendre garde au fait que des résultats récents de la recherche sont trop souvent présentés pas MH comme des évidences acquises ; or nous avons, au cours de notre carrière, trop souvent vu des évidences d’aujourd’hui devenir bientôt caduques et dépassées. Cela dit, à l’évidence, nous avons là un maître-livre, une synthèse d’une exceptionnelle qualité sur la période républicaine de Rome. Le lecteur averti ne devra pas y chercher beaucoup de choses nouvelles, juste le regard éclairé, acéré, d’un maître à la fois savant et bon pédagogue. Pour notre part, cela suffit à nous combler.

Paul M. Martin, Université de Montpellier 3

[1]. Oxford 2016.

[2]. Gouverner avec les dieux, Paris 2015.

[3]. Fumosae imagines, Rome 2009.

[4]. Rome devant la défaite, Paris 2017.

[5]. La corruption à la fin de la République romaine (IIe-Ier s. av. J.-C.), Stuttgart 2010.

[6]. Fighting Hydra-like Luxury, Londres 2011.

[7]. Riformare la res publica, Bari 2013.

[8]. La déclaration d’hostis sous la République romaine, Bordeaux 2012.

[9]. Homines militares e status rei publicae, Naples 2013.

[10]. The High Command in the Roman Republic, Stuttgart 2014.

[11]. Spartacus, chef de guerre, Paris 2016.

[12]. Servio Tullio e l’ideologia sillana, Rome 2009.

[13]. Les partisans d’Antoine, Bordeaux 2007.

[14]. Caesar’s Legacy, Cambridge 2006.