Stroh (W.), Cicero. Redner, Staatsmann, Philosoph. – Munich : C. H. Beck, 2008. – 128 p : bibliogr., index. – (Wissen in der Beck‘schen Reihe ; 2440). – ISBN : 3.406.56240.2.

Devenir, avec l’aide de la rhétorique, un homme politique au sens où l’entend Platon : tel est le projet qui est prêté à Cicéron dans ce petit livre, au format de poche, dépourvu de notes et d’illustrations, appartenant à une collection de courts ouvrages destinés au grand public et abordant des sujets variés (on songe à la collection « Que sais-je ? »). Cette vision de l’Arpinate domine la présentation diachronique qui en est faite au cours de sept chapitres correspondant chacun à un moment de sa vie. À travers ceux-ci, c’est surtout le point de vue d’un philologue qui s’affirme (par ex. p. 119) ; le contexte historique est réduit à une simple toile de fond sans que la dynamique des événements soit restituée dans sa complexité et il n’y a guère de tentative pour retrouver le « Cicéron intime », celui que laisse entrapercevoir sa correspondance (cela est notamment sensible pour ce qui regarde les événements postérieurs à la mort de César, p. 107-108). Par contre, son apport à la culture et à la littérature est davantage exploré. Si les principaux discours sont présentés (avec un intérêt marqué pour leur structure), c’est surtout la philosophie qui retient l’auteur, comme le montrent les développements consacrés à la triade platonicienne constituée par le De Oratore, le De Re publica et le De Legibus (p. 54-66) et à l’encyclopédie philosophique que forment l’Hortensius, les Académiques, le De Finibus, les Tusculanes, le De Natura deorum, le De Diuinatione et le De Fato (p. 88-104). Ces passages sont sans doute les plus personnels d’un ouvrage qui offre au total une lecture utile et stimulante, intéressante surtout par sa cohérence et par les liens que, autour des notions d’honestum et d’utile, elle fait apparaître entre les divers aspects de la vie de Cicéron. L’étude est complétée par une bibliographie sélective (en allemand et en anglais, à une exception près), une chronologie et un index des personnages (on y note l’absence de Tiron). Par contre, on n’y trouve pas de longue citation de Cicéron ou de commentaires d’extraits de ses écrits.

Olivier Devillers