Vergil und das antike Epos. Festschrift Hans Jürgen Tschiedel. – S. Freund, M. V. Vielberg Hrsg. – Stuttgart : Steiner, 2008. – 565 p. : index, ill. – (Altertumswissenschaftliches Kolloquium, ISSN : 1438.0552 ; Bd. 20). – ISBN : 3.515.09160.2.

Ce volume, dédié au Professeur Hans Jürgen Tschiedel, s’impose dès l’abord par ses dimensions. En plus de cinq cents pages sont réunies les contributions de trente et un chercheurs, appartenant pour la plupart à des universités allemandes, pour cinq d’entre eux à d’autres établissements européens, de Belgique, de Grande-Bretagne, de Slovénie et d’Italie. Vingt-huit d’entre elles sont rédigées en allemand, deux en anglais et une en italien. Elles sont regroupées en quatre rubriques, aux titres suffisamment explicites, successivement : Vergil und seine Vorbilder : die Aeneis ; Zur literarischen Technik und Sprache Vergil ; Zur Wirkungsgeschichte Vergils in Kaiserzeit und Spätantike ; Die Wirkung der Aeneis in Mittelalter und Neuzeit. La première partie est consacrée à la seule Énéide, dont plusieurs épisodes sont, dans huit études différentes, analysés et surtout rattachés à des modèles possibles ou probables : Dichter und Sänger in den homerischen Epen (Severin Koster) ; Il ‚Dramma’ di Idomeneo fra Omero e Virgilio (Luigi Belloni) ; Didos Schweigen. Ein homerisches Motiv bei Vergil (Ernst Vogt) ; Vergil und die Danaiden (Volker Michael Strocka) ; Der Tod des Turnus und Homer. Überlegungen zum Schluss von Vergils Aeneis (Stefan Freund) ; Ist Penelope ein Modell für Vergils Dido ? Möglichkeiten und Grenzen einer intertextuellen Lektüre (Christine Schmitz) ; Aeneas und die Griechen : Bemerkungen zur Heldendarstellung bei Vergil (Wilhelm Blümer) ; Poetische Gerechtigkeit in der Aeneis : Der Einfluß von Accius’ Philocteta auf die Achaemenidesepisode (Vergil, Aen. 3, 588-91) (Beatrice Baldarelli). Dans la deuxième partie, huit autres études portent sur les principaux aspects de l’expression virgilienne, pour en tirer toutes les conséquences non seulement sur la forme des diverses oeuvres du poète, mais aussi sur leur contenu et leur chronologie : Wann kam Tityrus nach Rom ? Ein Versuch der Annäherung an Vergils Eklogen (Ulrich Schmitzer) ; Genus et forma. Randbemerkungen zu Vergils IV. Ekloge (Georg Graf von Gries) ; Das Gleichnis des Varius Rufus, De morte frg. 4 (Ceu canis umbrosam usw.) und das erste Gleichnis Vergils, Ekloge 8,85-89 (Talis amor Daphnim usw.) (Wolgang Dieter Lebek) ; Wenn Götter und Menschen sich begegnen : Komische Szenen in Vergils Aeneis ? (Therese Fuhrer) ; Zeitbestimmung und Diskursorganisation : Temporalsätze bei Vergil (Friedich Heberlein) ; Statistische Bemerkungen zur Sprache Vergils (Matjaž Babič) ; Vergil und die indogermanische Dictersprache (José Luis Garcia Ramón) ; Unsagbares und Ungesagtes : Zur Wahrnehmung der Aeneis (Rudolf Rieks). La troisième partie est quantitativement la plus importante puisqu’elle regroupe dix travaux, consacrés à l’influence de Virgile dans la littérature, principalement épique, postérieure à l’époque augustéenne : Ovids Metamorphosen oder Der totale Text (Barbara Feichtinger) ; Omnia mutantur, nihil interit ? Vergils Katabasis und die Jenseitsvorstellungen in den Metamorphoses Ovids (Meinolf Vielberg) ; Si mens non laeva fuisset (Otto Zwierlein) ; Ambivalence and Moral Virtus in Roman Epic (Karla Pollmann) ; Dulce loqui miseris ueteresque reducere questus ; Zur Lemnos-Episode bei Statius (Theb. 5,49-498) (Sabine Lösch) ; Spuren antiker Vergilerklärung bei Juvencus (Christian Gnilka) ; Quid memorem infandas caedes ? Krieg und Gewalt in der Aeneisrezeption späntiker Bibelepik (Silke Diederich) ; Vergil in der Mosella des Ausonius (Joachim Gruber) ; Beobachtungen zu Vergils Schullektüre in Augustins Confessiones : Von des Prügeln der Lehrer zu den Tränen um Didos Schicksal (Kajetan Gantar) ; Vergil als Gewährsmann für die römische Frühzeit in Augustins De civitate Dei (Raban von Haehling). Dans les cinq travaux qui composent la quatrième et dernière partie, le but est semblable, mais la période d’investigation choisie différente : Die Schildbeschreibung Vergils in Worten und Bildern zur Aeneis (8,608‑731) (Werner Suerbaum) ; Vergils Verskunst in der Interpretation des Angelus Camillus Decembrio (Alfons Weische) ; Brutus infelix (Verg. Aen. 6,822) – Zur Brutus-Gestalt in der darstellenden Kunst (Peter Grau) ; Massinissa und Sophoniba und die moralischen Prinzipien des P. Cornelius Africanus (Johannes Christes) ; De Siciliae et Calabriae excidio carmen : Guiseppe Gianuzzi’s Neo‑Latin Poem on the Italian Earthquake of 1908 (Dirk Sacré). Les titres – tous cités ici dans la forme exacte qui leur est donnée dans la table des matières – en évidence les aspects essentiels de l’ouvrage. Le plus immédiatement perceptible est une variété certaine dans les sujets abordés. Elle n’exclut pas une cohérence d’ensemble tout aussi certaine. Car tous les travaux se rattachent à un thème unique, choisi pour son lien avec le domaine de recherche du récipiendaire : l’épopée, dont se trouvent implicitement soulignées la longévité (d’Homère au début du vingtième siècle) et la complexité, sans doute plus grande qu’on aurait tendance à le croire ; et cela particulièrement dans l’oeuvre de Virgile, dont sont analysées moins les caractéristiques de fond que les particularités de forme et la survie. Une lecture plus approfondie fait apparaître une homogénéité d’un autre ordre, due aux similitudes qui rapprochent les diverses études, plus précisément à leurs qualités, partout égales, d’érudition, dont témoignent le développement des notes, le nombre des références textuelles ou bibliographiques, et de sérieux dans le traitement des textes, que l’on qualifiera de traditionnel (sans accorder à l’adjectif aucune nuance péjorative). S’il n’ajoute rien à la compréhension du genre épique – chose bien difficile dans un recueil d’articles, d’où la synthèse est, par définition, absente – l’ouvrage apporte, sur nombre de passages, des éclairages aussi utiles que suggestifs, beaucoup plus que ne le font généralement les recueils de mélanges in honorem. Et celui-ci, du reste servi par une présentation matérielle dans laquelle on ne déplore que quelques infimes disparités typographiques et un encart mal placé, laisse, au total, la meilleure impression.

Nicole Méthy