Yon (J.-B.), L’histoire par les noms. Histoire et onomastique de la Palmyrène à la Haute Mésopotamie romaines. – Beyrouth : Presses de l’Ifpo, 2018. – 296 p. : bibliogr., index, ill., cartes. – (Bibliothèque archéologique et historique, ISSN : 0768.2506 ; 212). – ISBN : 978.2.35159.742.2.

Dans cet ouvrage issu d’une HDR soutenue en 2014 à l’Université de Paris – Sorbonne, Jean‑Baptiste Yon, directeur de recherche CNRS, chercheur à l’Institut français du Proche‑Orient ancien à Beyrouth, agrégé d’Histoire et docteur en histoire ancienne conduit une étude des « paysages » onomastiques d’une région du Proche-Orient ancien allant de la Palmyrène à la Haute Mésopotamie romaines, basé sur le corpus des troupes palmyréniennes de l’armée romaine en garnison à Doura Europos. L’auteur est bien connu pour ses travaux concernant les peuplements et les sociétés du Proche‑Orient grec et romain, principalement d’après les sources épigraphiques et en particulier dans le cadre de la mission archéologique de Tyr. Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité des publications antérieures par la thématique autour de la population et des sociétés du Proche-Orient (les notables de Palmyre) et l’épigraphie (avec J. Aliquot et la collaboration de P.-L. Gauthier, inscriptions grecques et latines du Musée national de Beyrouth, et inscriptions grecques et latines de la Syrie, volume XVII, inscriptions de Palmyre). Toutefois, il s’agit de la première monographie de l’auteur consacrée à l’anthroponymie car, si jusqu’à maintenant J.-B. Yon avait déjà travaillé sur l’onomastique en Syrie Orientale et Mésopotamie, notamment dans le cadre du volume Syria and the East du Lexicon of Greek Personal Names, mais aussi à l’occasion de plusieurs articles, il manquait un ouvrage de synthèse sur l’anthroponymie de cette région à l’époque romaine. Un des points forts de l’ouvrage est donc de conjuguer la vision d’ensemble propre à l’historien à l’analyse onomastique précise des noms propres.
Le titre ainsi que le sous-titre sont évocateurs et illustrent le contenu de l’ouvrage. Le premier terme du titre, à savoir « l’histoire » annonce d’emblée l’approche et la formation de l’auteur. Le premier élément du sous-titre « Histoire et onomastique » cible les domaines étudiés, tandis que la suite du sous-titre précise le cadre géographique et chronologique, c’est‑à‑dire « de la Palmyrène à la Haute Mésopotamie romaines ».
De plus, l’illustration de la couverture, composée d’une photographie aérienne en couleur de l’Euphrate au niveau de la ville de Zeugma, accompagnée de la photographie d’une statue funéraire présentant une personne avec une brève inscription correspond tout à fait au propos de l’ouvrage. En effet, la photographie présente un paysage en adéquation avec l’étude menée qui est une étude des « paysages » onomastiques et le cadre géographique, et la statue renvoie à l’anthroponymie et plus généralement à l’étude de population. La couverture présente la particularité d’être reproduite et traduite en arabe, de même que le rabat à l’arrière du livre, au niveau de la quatrième de couverture. La page de titre est elle aussi traduite ainsi que le sommaire.
Le texte, présenté en deux colonnes, permet une lecture agréable. L’ouvrage possède un sommaire détaillé avec quatre niveaux de titres. Le volume est composé de trois chapitres qui conduisent le lecteur tout d’abord d’ouest en est, de Palmyre à Doura, puis du sud au nord, de la Syrie à la Turquie. Cinquante figures en noir et blanc agrémentent le texte dont deux arbres généalogiques très clairs. Nous apprécions la présence d’une liste des figures et des cartes, même si nous regrettons l’absence des numéros de pages des figures. En plus des figures, nous trouvons aussi des annexes dans le corps du livre comme la liste chronologique des recrues de Doura, la liste des noms grecs dans les papyri de Doura.
À la fin de l’ouvrage, en annexe, une chronologie des rois d’Édesse permet au lecteur de se situer de manière précise. Seize cartes, à raison d’une ou deux cartes par page, offrent la possibilité au lecteur de mieux appréhender les zones géographiques dont il est question. Nous soulignons la qualité des cartes réalisées par J. Aliquot et l’auteur, cartes qui font bien souvent défaut dans les ouvrages d’onomastique. Vient ensuite une bibliographie fournie, de même que d’indispensables index : un index des noms de lieux, un index des noms de personnes, classé par langues (latin, grec, langues sémitiques), un index fort pratique des noms par gentilices et d’un considérable index des sources.
L’ouvrage est une véritable étude épigraphique et papyrologique d’un « échantillon fourni » qui nous montre une « diaspora » surtout militaire, avec notamment la cohorte des Palmyréniens « forte de plus d’un millier de soldats ». L’ouvrage traite également de l’onomastique d’Édesse, qui présente l’avantage de fournir une documentation continue. Les langues présentes dans l’ouvrage sont multiples : latin, grec et araméen (langue locale utilisée pour l’usage officiel en Osrhoène et Palmyrène). J.-B. Yon utilise les sources littéraires syriaques, en complément des témoignages épigraphiques ainsi que des dossiers papyrologiques où se côtoient « noms grecs et latins, mais aussi iraniens et araméens ».
L’auteur justifie son choix d’une œuvre classée par « domaines géographiques, mais aussi autant que possible par milieux sociaux » et non pas par ordre alphabétique. Il souhaite aussi éclairer les aspects sociaux de l’onomastique « pour essayer de définir quels sont les milieux représentés par telle ou telle catégorie de sources ». J.-B. Yon utilise l’onomastique comme « accès direct aux populations de la région et à leurs références culturelles ». Toutefois, la documentation utilisée présente des limites car elle dépend comme très souvent du « hasard des découvertes et des recherches », et la documentation à Hatra et en Osrhoène est « constitué[e] de transcriptions dans les langues indo-européennes (grec, latin) dont le système consonantique n’est pas toujours adapté aux mots sémitiques ». L’auteur se veut donc prudent et souligne que les recherches auraient été différentes sans les moyens électroniques modernes.
Le premier chapitre concerne la Palmyrène, puis la diaspora palmyrénienne et se consacre à l’onomastique externe de Palmyre. La documentation liée à la diaspora est digne d’intérêt car son étude permet d’obtenir « une image nouvelle de ce que nous savons sur Palmyre », du fait qu’elle ne mentionne pas seulement l’élite, mais également des personnages de moindre importance.
La première sous-partie s’intéresse aux inscriptions safaïtiques de Palmyrène et présente l’onomastique gréco-latine de Palmyrène, ainsi que les limites orientales de l’onomastique romaine, avant de s’arrêter sur certains anthroponymes palmyréniens de Mésopotamie. La deuxième sous-partie aborde le sujet de l’onomastique palmyrénienne, et il y est question des noms de civils d’origine orientale, mais aussi de certains noms de l’Afrique romaine interprétables grâce à l’onomastique proche-orientale, notamment celle de Palmyre.
Au cours de son étude des troupes palmyréniennes de l’Arabie à la Dacie et à la Numidie, l’auteur constate que « les noms de soldats n’ont aucun rapport avec l’onomastique palmyrénienne » et qu’il s’agit principalement de noms latins et sémitiques. L’auteur met en parallèle le dossier des numeri palmyréniens de Numidie et de Dacie avec le dossier des troupes « palmyréniennes » de Doura dans le but de mieux cerner ce milieu militaire. Pour ce faire, il souligne tout d’abord les caractéristiques de l’onomastique des unités de Dacie, puis celles des unités de Numidie. J.- B. Yon constate que la majorité des noms au sein des deux numeri de Dacie reste sémitique, même si la présence de noms thraces implique un recrutement non‑local et donc une évolution dans les pratiques de recrutement du numerus, Il entreprend ensuite une étude de ces noms sémitiques afin de confirmer ou d’infirmer l’origine palmyrénienne, et aborde plus précisément certains exemples, tel celui de Gaddes Anina. L’absence presque totale de noms grecs est soulignée.
De l’étude des noms des soldats du numerus palmyrénien en Numidie et plus précisément des archers d’Égypte, il ressort « une impression de conservatisme onomastique » (p. 58). Les noms sémitiques se font plutôt rares, la proportion de noms latins est faible (et ne semble pas augmenter après 212 et la Constitutio antoniana), et la plupart sont susceptibles d’une interpretatio semitica. Les noms grecs sont quant à eux rares, ce qui peut s’expliquer par un recrutement dans des zones non-hellénisées. Ce premier chapitre consacré à l’onomastique externe de Palmyre se termine par un excursus sur l’étude d’une catégorie onomastique particulière, à savoir les noms d’animaux dans l’onomastique de la zone de Qaryatain à l’Euphrate concernant quelques textes nouveaux ou récemment publiés. Une discussion intéressante au sujet d’un anthroponyme tiré du nom de la belette (qwz’) précède une sous-partie où il est question d’un nom d’assonance : Bassus, pouvant être un nom sémitique (bs) ou un nom latin banal Bassus. Après avoir analysé l’anthroponyme Moschos en se demandant s’il s‘agissait d’une traduction d’un nom palmyrénien ou d’une transcription, l’auteur s’attarde sur l’anthroponyme Goras avant de terminer par une synthèse claire sur les anthroponymes tirés de noms d’animaux dans l’épigraphie du Proche-Orient.
Le deuxième chapitre est consacré à l’onomastique de Palmyre à Doura et à l’onomastique de ses troupes en garnison. Le cadre chronologique de cette documentation est restreint et connu (192 et 222 p. C.). Ce chapitre est divisé en deux sous-parties : la première s’intéresse à l’onomastique de la garnison palmyrénienne de Doura et la seconde à l’onomastique de Doura Europos parthe et romaine. Dans la première sous‑partie, l’auteur présente tout d’abord la cohorte XX Palmyrenorum de Doura, ainsi que les deux documents sur lesquels il va se baser, documents que nous pouvons admirer grâce aux illustrations. Il aborde ensuite la question de l’onomastique grecque de cette cohorte, avec les noms très fréquents, particulièrement au Proche‑Orient, les noms fréquents en général et les noms rares en général mais fréquents uniquement au Proche-Orient. Il analyse également les anthroponymes sémitiques en se concentrant sur des noms spécifiques et quelques noms rares. Cette première sous-partie se termine sur un panorama des anthroponymes palmyréniens très bien mené qui présente les noms en fonction de leur fréquence d’attestation (avec le nombre d’occurrences) et développe la question de la répartition chronologique des noms. Les noms peuvent être divisés en deux groupes : les noms sémitiques et les noms latins et grecs. Deux annexes concluent cette sous-partie : une liste des recrues par ordre chronologique et une liste des noms grecs présents dans les papyri militaires de Doura, classés par ordre alphabétique.
La seconde sous-partie du deuxième chapitre est consacrée à l’onomastique de Doura Europos parthe et romaine. Elle traite des noms des élites civiques et des particularismes onomastiques de Doura. Il est question de l’onomastique de la population civile, et plus spécifiquement des grandes familles de la période parthe, ainsi que de la place des femmes au sein de ces familles. L’auteur souligne la forte présence de noms assez rares et la présence de noms sémitiques dans l’onomastique des élites. Les noms rares sont tous d’« aspect hellénique » (p. 131), certains sont bien attestés même s’ils sont rares et d’autres ne sont attestés nulle part ailleurs, mais peuvent être rapprochés de noms existants, que ce soit d’une forme masculine ou d’un nom de formation similaire. L’auteur remarque que « l’arrivée de l’onomastique sémitique se faisait dans un premier temps par l’intermédiaire de familles mixtes » (p. 136). Il est aussi notable que « l’onomastique féminine est plus variée et plus mélangée au sein des grandes familles ». L’auteur évoque ensuite les noms iraniens à Doura à l’époque parthe et souligne la persistance onomastique. Concernant l’époque romaine, les noms sémitiques restent majoritaires, les noms grecs et iraniens sont présents, mais minoritaires et « l’onomastique latine n’a pas encore fait son apparition » (p. 143). Une liste des stratèges et des épistates de Doura se trouve en annexe de ce chapitre, les noms sont accompagnés d’une datation ainsi que d’une référence et les noms féminins sémitiques sont séparés de noms féminins grecs.
Le troisième et dernier chapitre de l’ouvrage concerne la zone de l’Euphrate à la Mésopotamie du nord et s’intéresse à l’onomastique de la zone allant de la Cyrrhestique à la Mésopotamie et débute par l’étude de l’onomastique de Zeugma, la Cyrrhestique et Commagène, tous touchant l’Euphrate. Cette zone « représente aussi une zone de limite onomastique latine ». L’auteur évoque les trois types d’onomastique : latine, grecque et sémitique, puis s’arrête sur les noms en tant que manifestation de la culture, notamment avec le cas de Sémiramis, avant d’étudier les villes voisines en zones rurales. À Zeugma, contrairement à Palmyre, les données généalogiques sont succinctes, n’allant pas au-delà du patronyme et « les exemples d’onomastiques mélangées sont rares ». L’onomastique latine y est abondante et l’auteur constate l’emploi de nom latin comme nom unique, un phénomène de romanisation qui transparaît également avec l’essor du portrait funéraire. Les noms grecs restent pourtant majoritaires et l’on observe à Zeugma de multiples noms « nobles » gréco-macédoniens « qu’on pourrait interpréter comme une référence aux habitudes onomastiques des ancêtres gréco‑macédoniens ». L’auteur aborde la question des noms comme manifestation de la culture, avec plusieurs noms à coloration « macédonienne » présents à Zeugma et le cas du nom de Sémiramis, présent dans la littérature et dans les mythologies locales de la région. Les noms sémitiques, quant à eux, sont plus rares et comme attendu, leur persistance concerne davantage les femmes. L’enquête se poursuit ensuite avec une seconde sous-partie qui concerne l’onomastique externe et rurale et se base en grande partie sur la documentation de Hiérapolis (pour ce qui est de l’onomastique externe) et sur l’onomastique des militaires commagéniens pour les zones rurales. Cette enquête laisse apparaître dans les témoignages externes une minorité de noms sémitiques, alors que ces derniers dominent l’onomastique des militaires commagéniens. La dernière sous-partie traite de l’onomastique d’Édesse et de l’Osrhoène parthe et romaine, en allant de l’onomastique royale à l’onomastique de la population de la ville et de celles des villes d’Osrhoène, en passant par l’onomastique des hauts personnages du royaume. L’onomastique d’Édesse et de l’Osrhoène est complexe à analyser en raison d’une documentation très variée et de problèmes de chronologie.
En conclusion, cette étude démontre une persistance des noms sémitiques au sein de certaines branches de grandes familles ainsi que pour les femmes. L’hellénisation et la romanisation de l’onomastique de ces régions restent modérées. À Edesse, comme à Palmyre, la langue des institutions est l’araméen et l’onomastique est en grande partie sémitique. L’onomastique palmyrénienne présente une grande diversité, et certains noms sont propres aux habitants de Palmyre. Certains types onomastiques permettent « peut-être de délimiter des groupes ou des communautés dans la population des cités ».
L’ouvrage comporte très peu de coquilles, nous avons relevé p. 150 « les données généalogies » au lieu de « données généalogiques ». Nous notons toutefois quelques rares soucis de niveaux de titre. Dans le premier chapitre, dans la sous-partie consacrée à l’onomastique militaire palmyrénienne est annoncée une section concernant la Dacie et la Numidie, ce qui est bien le cas pour la Dacie. En revanche, l’onomastique des archers de Numidie ne fait pas l’objet d’une section dans cette sous-partie mais constitue la sous-partie suivante. Quelques virgules font défaut çà et là, p. 47 « à la différence des premiers [,] ils ne sont plus appelés ex Syria » ; p. 52 « parmi eux [,] Habibis n’est fréquent nulle part ». La tournure peu élégante « pour ce qui concerne » revient à plusieurs reprises. Concernant les pronoms utilisés, le « nous » est écarté au profit du pronom « on », familier et inélégant ou du « je », surprenant dans un ouvrage scientifique de langue française. Ainsi, p. 66, nous lisons : « je ne crois pas que ce type de phénomène ait déjà été repéré parmi ces noms d’animaux », nous aurions attendu un pronom au pluriel. De même, p. 68 dans : « je ne connais qu’un seul exemple de nom grec d’animal utilisé comme anthroponyme ». La formule inélégante « Au total, il semble bien, d’une part que […] », est utilisée p. 130 ; nous aurions préféré « somme toute » ou « en conclusion ». Par ailleurs, l’auteur utilise l’expression « papyri militaires » alors que, soit l’on veut utiliser papyri pour le pluriel de papyrus, comme en latin et donc dans ce cas le nom doit être en italique car latin, soit le nom n’est pas en italique et il est donc considéré comme un mot français et dans ce cas, il doit suivre le pluriel français qui est « papyrus ». Nous avons remarqué la présence de point d’exclamation, rare dans les écrits scientifiques (p. 54) « il est difficile de faire plus romain pour un nouvel engagé ! ». Nous nous étonnons de l’utilisation de l’adjectif « rare » comme adverbe, et ce, à plusieurs reprises. En effet, p. 59, nous pouvons lire : « les noms sémitiques communs ([…]) apparaissent plutôt rares dans la documentation à notre disposition », ce qui nous semble grammaticalement incorrect. Nous aurions attendu « apparaissent plutôt rarement » ou bien « se font plutôt rares ». De même, p. 69, nous lisons : « au total, le nom apparaît relativement rare dans la documentation proprement palmyrénienne ». L’auteur parle d’un phénomène, qui est le phénomène d’un nom d’assonance (Decknamen) p. 66, mais n’utilise pas la terminologie adéquate et préfère parler de « proximité phonétique ».
Au niveau du contenu, au sujet de la divinité Gad évoquée p. 52 (« Gad, divinité de la Fortune »), une référence bibliographique aurait été la bienvenue, l’article de J. Teixidor, absent de la bibliographie. Dans l’analyse de l’onomastique militaire palmyrénienne, concernant le nom Rami, deux hypothèses sont évoquées : il s’agit soit d’un nom sémitique soit d’un cognomen latin rare. Nous pensons que la seconde hypothèse aurait pu être omise en raison de la rareté des occurrences de ce nom comme cognomen.
L’auteur a fait preuve d’une grande maîtrise de l’épigraphie et des langues sémitiques et fournit à la communauté scientifique une indispensable monographie sur l’onomastique de la Palmyrène ainsi que des régions voisines. Les ouvrages récents sur l’onomastique sémitique, qui plus est en français, sont rares, cet ouvrage comble donc cette lacune.

Lauriane Locatelli, École Pratiques des Hautes Études, ANHIMA

Publié dans le fascicule 2 tome 121,  2019, p. 552-556